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Madame, Monsieur,

Chers collègues,

C’est un grand plaisir, pour moi que de Vice Présider cette instance qui consacre la nouvelle gouvernance de la formation professionnelle voulue par le législateur au terme de la loi du 05 mars dernier.

Avec mes collègues élus régionaux, (Michèle Trégan, Christine Lagrange, JM Coppola, Philippe Chesneau, Ladislas Polski, Josette Filippi et leurs suppléants), nous saurons, j’en suis persuadée, faire vivre cette instance du dialogue social.

Merci aussi aux services de l’Etat, à Mme Siméoni, qui anime depuis quelques temps, à mes cotés, la mise en place de cette nouvelle instance. Et bienvenue aux deux vice présidents, M Amar, et M Marcillac, représentant respectivement le collège des employeurs et celui des salariés.

Enfin, je fais toute confiance au CARIF pour assurer le secrétariat permanent de cette nouvelle instance. Lourde tache, mais essentielle pour que nous fonctionnions bien.

Cette gouvernance quadripartite prend tout dans son sens dans le contexte d’application de la loi du 5 mars 2014 qui se conçoit comme globale.

En effet, la loi englobe à la fois la transposition des dispositions de l’accord national interprofessionnel signé par les partenaires sociaux – qui concernent en premier chef les salariés – et les dispositions dites de nouvel acte de décentralisation.

Alors qu’en 2004, une loi de mai redéfinissait les compétences et les règles en matière de formation des salariés et une loi d’août redéfinissait et élargissait les compétences en matière de formation des demandeurs d’emploi, en 2014, la loi englobe et réunit ces différentes dimensions. Il y a là une occasion à ne pas rater de mieux articuler les compétences et de penser la gouvernance.

Même si tous ne l’ont pas toujours à l’esprit, les Régions sont désormais identifiées comme ayant la responsabilité, pleine et entière, de la formation des demandeurs d’emploi, pour lesquelles elles consacrent des sommes importantes  - environ 5 milliards d’euros par an – et responsables désormais, dès le 1er janvier, de la formation des détenus, des personnes handicapées, et des personnes en situation d’illettrisme, elles sont donc incontournables dans le système de gouvernance.

C’est dire qu’elles constituent un élément structurant du marché de la formation professionnelle.

Par ailleurs, la loi leur confie de mettre en place, toujours au 1er janvier 2015, un service public régional de l’orientation qui aura comme objectif, articulé avec la mise en œuvre du conseil en évolution professionnelle, de permettre à toute personne de trouver un premier niveau d’information, et de bénéficier d’un conseil avisé, allant jusqu'à l’ingénierie financière de son projet.

La création de ce nouveau droit … et la dynamique qu’il enclenche est importante. L’enjeu est notamment de favoriser le passage progressif d’une approche de « prescription » pour l’accès à la formation à une dynamique de « conseil » éclairé, ouvert à tous, universel.

En outre, ce nouveau droit sera également important pour appuyer la mise en œuvre du compte personnel de formation, qui sera la propriété de chaque salarié, et nécessitera que les personnes puissent être accompagnées, si elles le souhaitent, dans la construction et dans la mise en œuvre de leur projet de formation.

Les Régions seront également fortement mobilisées pour traduire, sur leur Territoire, la mise en œuvre du compte personnel de formation. Le 1er janvier 2015, ce sont 40 millions de comptes personnels qui seront créés. Ce n’est pas rien ; nous devons bien mesurer le changement que cela induit et la responsabilité que cela crée, collectivement, à l’ensemble des acteurs.

Ce nouveau droit, individuel et universel, ouvre des perspectives nouvelles.

Le vrai changement qu’a souhaité opérer le législateur, c’est un rééquilibrage de la dépense totale de formation en faveur des demandeurs d’emploi, tant on sait que la montée en compétence des travailleurs est une source de compétitivité supplémentaire pour le pays et qu’une formation de qualité – et certifiante – est la source d’une insertion durable sur un marché du travail tendu et très compétitif.

Nous avons donc besoin de ces lieux de réglages de nos politiques publiques et paritaires, de ces échanges entre acteurs : Régions – Etat – partenaires sociaux pour faire de cette loi une réalité. En particulier, l’étroite coordination entre les partenaires sociaux et les Régions constitue, j’en ai la conviction, une des conditions de réussite de la réforme.

Ce sera aussi l’occasion de mettre en place des échanges fructueux pour faire de la possibilité de  retour en formation initiale dans les lycées professionnels pour les jeunes décrocheurs qui le souhaitent, une réussite.

C’est une modalité du droit à la formation initiale différée, que les partenaires sociaux avaient consacré dans un précédent ANI, mais qui n’avait pas été reprise par la précédente loi.

Il reste à en penser les modalités de mise en œuvre opérationnelle et notamment les modalités de mise en visibilité des places disponibles dans les lycées professionnels …

Je ne doute pas que les échanges dans le cadre de ce conseil pourront contribuer à les imaginer ensemble, avec autant d’ambition que d’audace dans la réforme.

Nous avons un enjeu commun, important et stratégique qui est de construire ensemble, dans ce format quadripartite, les conditions de la bonne gouvernance du système de formation professionnelle.

Pour finir, il faut bien se dire que la réussite de la loi du 05 mars 2014, représente un enjeu pour le développement économique de nos territoires et de nos entreprises.

En effet, la formation professionnelle est un investissement dans les compétences des femmes et les hommes qui font la compétitivité de l’entreprise innovante, qui sait monter ses produits en gamme et conquérir des marchés, qui fait de la marge et peut créer des emplois durables.

C’est aussi un enjeu de progrès professionnel personnel pour les personnes, facteur de mieux vivre ensemble dans les collectifs de travail.

C’est enfin un enjeu de progrès social, de progrès humain, de citoyenneté active qui doit permettre à chaque personne de s’épanouir davantage personnellement et collectivement dans la société : c’est un enjeu démocratique.

La Région est prête à jouer pleinement son rôle dans la poursuite et la réalisation de ces objectifs.

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